Un projet de loi aux dépens des victimes d’abus policiers

Article du journal Le devoir: « Un projet de loi aux dépens des victimes d’abus policiers. »

Image obtenue à partir de l’article susmentionné.

Jacques Nadeau archives Le Devoir Un projet de loi visant à réformer la Loi sur la police ne permettra plus à des tiers d’adopter le statut de plaignant.

Crédits d’article au journal Le devoir : https://www.ledevoir.com/societe/796621/abus-policiers-un-projet-de-loi-aux-depens-des-victimes-d-abus-policiers

Bien que les plaintes déposées par des tiers au nom de victimes ne représentent qu’un petit pourcentage des dossiers traités par le Commissaire à la déontologie policière, ces plaintes donnent le plus souvent lieu à des sanctions. Pourtant, le projet de loi visant à réformer la Loi sur la police ne permettra plus à ces tiers d’adopter le statut de plaignant. Plusieurs organismes ainsi que Québec solidaire craignent que ce changement n’empêche des policiers délinquants de faire face au Comité en déontologie.

Par exemple, sans l’aide d’un citoyen inconnu, les agents impliqués dans la mort de David Tshiteya Kalubi, décédé en détention à la Cour municipale à Montréal, en 2017, n’auraient jamais été condamnés.

Ce fut une surprise, mais surtout un soulagement pour la mère de M. Kalubi, Mbombo Tshiteya, lorsqu’elle a reçu l’appel d’Alexandre Popovic, de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP), pour lui annoncer qu’il avait lui-même déposé une plainte déontologique contre les policiers impliqués dans le décès de son fils. Alexandre Popovic figure d’ailleurs parmi les plaignants les plus prolifiques du système de déontologie policière au Québec.

« Je me suis dit : “Enfin, il y a quelqu’un qui nous a entendus pendant qu’on hurlait, qu’on ruminait intérieurement et qu’on était broyés par la tristesse qu’on ressentait. Il y a des gens qui ont compris ça !” » s’exclame Mme Tshiteya, en entrevue avec Le Devoir.

Les agents ont été condamnés le 31 janvier dernier par le Comité de déontologie policière, qui les a reconnus coupables « de négligence et d’insouciance à l’égard de la santé et la sécurité de monsieur Kalubi », ainsi que d’avoir « présenté une déclaration qu’ils savaient fausse et inexacte au BEI [Bureau des enquêtes indépendantes], qui tentait d’éclaircir les circonstances du décès de monsieur Kalubi à la suite de leur intervention à son endroit ».

Le jeune homme de 23 ans a en effet été retrouvé sans vie dans sa cellule le matin du 8 novembre 2017 après une attaque cardiaque. Bien qu’il eût indiqué qu’il souffrait d’anémie falciforme et qu’il avait besoin de ses médicaments, cela n’a jamais été noté par les policiers dans son formulaire d’admission destiné à la cour, a reconnu le comité dans sa décision.

« Ça, c’était émouvant pour moi. On avait la réponse : ils sont coupables », soupire Mme Tshiteya.

Vers un nouveau système de signalements

Les modifications proposées par le projet de loi 14, déposé en mars par le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel, seront à l’étude l’automne prochain. Ces changements empêcheront notamment des plaignants tiers comme Alexandre Popovic de porter plainte au nom de ceux qui meurent à la suite d’une intervention policière. Seuls les victimes ou les témoins directs d’une intervention seraient désormais en mesure de déposer une plainte. M. Popovic craint que ce changement ne fasse que réduire la possibilité pour des familles de victimes comme M. Kalubi d’obtenir justice.

Le projet de loi prévoit que les personnes effectuant un signalement au nom d’un tiers ne bénéficieront plus des privilèges accordés aux plaignants, comme le droit d’ordonner une révision d’une décision, d’être informés de la raison pour laquelle leur demande d’enquête a été rejetée, ainsi que le droit de suivre le déroulement d’une enquête.

M. Popovic prend le statut de plaignant tiers depuis plus d’une vingtaine d’années et a souvent demandé la révision des décisions rendues par le Commissaire à la déontologie policière.

« C’est une chose de décréter une enquête, mais c’est une autre chose de faire une enquête complète », dit-il. « Moi, je veux voir si l’enquête a été faite correctement. […] La confiance, ça rime avec la transparence », lance M. Popovic.

Il estime en effet que les quatre policiers impliqués dans la mort de Koray Kevin Celik, en 2017, n’auraient jamais été cités à comparaître devant le comité de déontologie pour usage excessif de la force. Après avoir mené une enquête, le Commissaire à la déontologie policière n’a pas recommandé que des accusations soient déposées.

« Si le projet de loi 14 avait été en vigueur à ce moment-là, je n’aurais pas pu demander au Comité de déontologie policière de faire la révision de cette décision », explique Alexandre Popovic.

« Ils n’ont pas parlé avec les parents qui ont été témoins », ajoute-t-il, en notant que l’enquête a seulement cité les déclarations des enquêteurs policiers et du BEI. Il attend avec impatience le verdict du comité.

Le cabinet du ministre Bonnardel a fait savoir par courriel au Devoir que le projet de loi vise à réduire les délais, pour que davantage de causes soient entendues.

« Toute personne qui souhaite porter à l’attention de la commissaire un comportement répréhensible d’un policier pourra le faire, a écrit Geneviève Tremblay, conseillère au cabinet du ministre. Toutefois, nous proposons de donner un privilège exclusivement à ceux qui sont directement impliqués dans une situation afin qu’une enquête soit effectuée systématiquement. »

Le Commissaire à la déontologie policière n’a pas souhaité accorder d’entrevue au Devoir au sujet du projet de loi, préférant attendre son adoption. Cependant, en avril dernier, la commissaire, Mélanie Hillinger, a salué en commission parlementaire le nouveau système de signalement proposé par le ministre Bonnardel, tout en notant qu’il fallait des ressources additionnelles pour assurer l’implantation des réformes.

« Une plainte déposée par un plaignant ou un signalement fait par un signalant seraient traités avec la même rigueur », a tout de même tenu à souligner par courriel Me Michelle-Audrey Avoine, porte-parole du Commissaire à la déontologie policière. Elle précise que les plaignants directs auront encore le droit d’être accompagnés par des organismes communautaires dans la rédaction et le dépôt de leurs plaintes, ainsi que durant les séances de conciliation.

L’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ) est elle aussi favorable à un système de signalements. « Le Commissaire peut déclencher une enquête », souligne le directeur général de l’association, Didier Deramond.

Pourcentage qui porte ses fruits

En 2020, dans le cadre des consultations organisées par le gouvernement pour une réforme majeure du système policier, le Commissaire à la déontologie policière a déposé un mémoire dans lequel il indique qu’un plaignant tiers (qui n’a pas été identifié) a déposé 261 plaintes entre 2015 et 2020. « 48 % [des plaintes formulées par cette personne] ont fait l’objet d’une enquête, et plus d’un tiers de ces enquêtes menées se sont conclues par le dépôt de citations devant le Comité, le Commissaire estimant avoir une preuve suffisante pour permettre d’établir un ou des manquements déontologiques », indique-t-il.

Selon une étude menée par le Département de criminologie de l’Université de Montréal en 2021, alors que les dossiers portés par des plaignants tiers ne représentaient que 3,2 % de l’ensemble des dossiers déposés en déontologie policière entre 2015 et 2020, ils représentaient 27,3 % des dossiers ayant mené à une citation devant le Comité de déontologie policière. De plus, 44,4 % des dossiers qui ont entraîné une sanction pour le policier impliqué dans l’événement ont été déposés par un plaignant tiers.

Selon la même étude, ce sont souvent des proches qui portent plainte : 209 Québécois ont ainsi déposé une plainte sans avoir été témoins de l’intervention. Alexandre Popovic estime que l’impossibilité pour des tiers de porter plainte en déontologie va « favoriser une plus grande impunité policière au Québec ».

Le responsable de la clinique juridique Mouvement action justice, Hadj Zitouni, craint quant à lui que certains citoyens décident de ne plus porter plainte si le projet de loi est adopté. M. Zitouni représente souvent des victimes d’abus policiers qui ne souhaitent pas adopter le statut de plaignant.

« Quelqu’un qui est traumatisé, il ne peut pas porter plainte », fait-il valoir, précisant que les personnes qui se présentent à son bureau manquent d’expertise, ont peur des représailles ou ne sont simplement pas dans un état pour défendre leurs droits.

« Ce ne sont pas toutes les victimes qui peuvent le faire, ajoute M. Zitouni. Parce qu’il y a des itinérants, et des personnes qui meurent entre les mains du policier, puis qui ne portent pas plainte. Ou qui n’ont pas de famille. Qui va le faire à sa place, qui va [porter plainte] ? »

De son côté, Québec solidaire se dit prêt à se battre pour que le projet de loi soit amendé. « Il faut conserver le système actuel afin de s’assurer que les familles et proches des victimes décédées peuvent maintenir leurs recours à porter plainte », implore le député solidaire Andrés Fontecilla, porte-parole en matière de sécurité publique.

« S’il existe un Comité de déontologie policière, c’est justement pour permettre de consolider la confiance de la population envers les services policiers, déplore-t-il. Si la population perçoit qu’on a un système biaisé, qui est à l’avantage des policiers, et qu’il discrédite les plaintes déposées par les citoyens, la confiance dans les services policiers va diminuer. »

Convocation à l’Assemblée Générale Ordinaire 2023

Le conseil d’administration de Mouvement Action Justice a le plaisir de vous convier à la prochaine Assemblée générale de notre organisme, le samedi 17 juin 2023 à 11h00, dans la salle de conférence Henri Barnabé, 4245, avenue Laval, Montréal, H2W 2J6.

Note : l’assemblé générale annuelle 2023 de MAJ aura lieu en présentiel et en visioconférence via Zoom.

Veilleur nous contacter en avance afin de confirmer votre présence et pour des renseignements concernent votre participation.

La déontologie policière : l’insupportable épreuve du processus.

Par Hadj Zitouni, Porte-parole du Mouvement Action justice

Le 3 avril 2023

Alexandre Popovic, porte-parole de la CRAP, Coalition contre la Répression et les Abus Policiers et Hadj Zitouni, porte-parole de MAJ, Mouvement Action Justice. Discussion, lors de la Manifestation contre la brutalité policière du 15 mars 2023.  

«La déontologie policière, c’est une machine à rejeter des plaintes » Alexandre Popovic, porte-parole de la CRAP.[1]

Le 18 novembre 2021, une date qui est à marquer au fer rouge pour Vanessa C[2]. Elle n’est pas prête à l’oublier. Agressée et violée à plusieurs reprises par son ex-chum, elle avait fini, Vanessa C, par composer le 911. Elle voulait dénoncer son agresseur et demander de l’aide. Le SPVM a répondu à l’appel. La mère de Vanessa C ne voulait pas la garder chez elle. Histoire d’un conflit mère-fille qui persistait tant bien que mal. Désaccords et querelles interminables, voilà comment, Vanessa C. s’est retrouvée dans la rue. Elle a demandé à son ex-chum de l’héberger le temps de trouver un toit. 

Vanessa C. a toujours été malade. Elle est vulnérable, brisée en petits morceaux. De nos jours, elle est suivie en santé mentale.

Le 18 novembre 2021, les policiers ne l’ont pas cru. Et comme son ex-chum requérait son expulsion, les policiers lui ont ordonné de ramasser ses vêtements et de quitter les lieux. Désemparée, froissée et embrouillée, Vanessa tentait d’obtenir des explications. Elle a insisté. Elle voulait être écoutée. Mais rapidement, elle s’est retrouvée au sol. La prise de l’un des deux policiers agenouillés sur elle lui avait coupé le souffle. Elle l’informait qu’elle était en train de s’étouffer. Il lui passait les menottes, puis il la remettait sur pieds. 

Dehors, pieds-nus et sans manteau, Vanessa C. avait très froid. Elle pleurait. Elle était en état de choc. Une fois à l’intérieur de la voiture de police, elle réclamait ses souliers, son manteau. Ensuite, elle a demandé qu’on la conduise à l’hôpital. Le policier au volant la traite de folle.

La voiture de police s’immobilisait dans sa course sur la rue Hochelaga devant un centre d’hébergement pour femmes sans abri. Une fiche indiquait que le centre était complet. Les policiers reprirent donc leur route, cette fois vers le centre sud de Montréal. L’accès au pavillon Patricia Mackenzie pour les femmes sans abris étant plus accessible. Ils la déposèrent. Ils lui enlevèrent les menottes puis ils l’abandonnèrent.

Le lendemain, Vanessa C. se présentait au poste de police 22. La plainte contre son ex-chum fut retenue, celle contre les policiers, on lui demanda de s’adresser à la déontologie policière.

Quelques jours après, Vanessa C. fut transférée dans un autre centre d’hébergement. Des intervenants du PASM, Perspective Autonome en Santé Mentale tentent de s’occuper d’elle. 

Vanessa C. n’arrivait pas à faire disparaitre l’intervention policière de sa mémoire. Elle était hantée par l’attitude des policiers.

Le 17 mars 2022, la Ligue des Noires du Québec l’aidera à rédiger une plainte contre les policiers qui ont participé à son arrestation. Une correspondance s’ouvra. 

Aux alentours du 10 avril 2022, la déontologie policière demanda à Vanessa C. un complément d’informations : il était impossible d’identifier un troisième policier visé par la plainte. Vanessa C. précisa qu’il s’agissait d’une policière et elle tenta de la décrire. Toutefois, Impossible de la retracer. Le rapport de la police indiquait la présence de deux policiers seulement.

Le 11 octobre de la même année, un autre questionnaire s’ajoutait et le nom de Vanessa C. commençait à briller sur les correspondances. Vanessa C. nourrissait un espoir… Malgré des précisions et une mémoire par moment intacte, la déontologie policière refusa d’inculper une policière inconnue, fantôme. De ce côté, le dossier fut rapidement fermé.

Conclusion, on propose à Vanessa C. une date de conciliation avec les deux policiers impliqués. Elle est quasi obligatoire cette séance de conciliation. Si vous la refusez, votre dossier sera tout simplement fermé.  

Le 20 décembre 2022, Vanessa C. ne voulait pas aller seule à la rencontre de ces deux policiers. Elle était traumatisée. Le Mouvement Action Justice me désigna pour l’accompagner. Elle pleurait Vanessa C. tout au long de la réouverture de son récit.

Elle n’a pas oublié un seul bout de l’agression. Les deux policiers en face d’elle répétaient qu’ils ne se souvenaient pas tout à fait de l’événement. Néanmoins, ils s’excusaient en ajoutant qu’ils n’avaient aucunement l’intention de la blesser, de la maltraiter, de l’abandonner…

La conciliatrice, court-circuite, elle demande de nous rencontrer seuls, elle et moi, auteur de ces lignes et Vanessa C. On se déplaçait dans une salle avoisinante. La conciliatrice explique de nouveau le processus, rappelle les directives sur la confidentialité et demande à Vanessa C. si elle accepte la conciliation. Celle-ci sans hésitation aucune, refuse. Une fois retournée à la salle de rencontre, elle pleurait davantage Vanessa C. face aux deux policiers. Elle s’interrogeait sur le sort de la troisième policière qui l’a dénigré.

La conciliatrice persévérait sur le fait qu’elle n’a jamais existé cette troisième policière. Yeux exorbités, ahurie, Vanessa C. me regardait pleinement. J’ai demandé à questionner les deux policiers, la conciliatrice s’y est objectée, mais l’avocate de la fraternité policière n’y voyait pas d’inconvénient. Elle prenait son dossier à la légère, Madame l’avocate. Les policiers ont finalement reconnu l’intervention d’une troisième policière. Sauf qu’ils disaient ne pas connaitre le nom de celle-ci. La conciliatrice fut abasourdie. Elle réclama notre retrait de nouveau. Avec un sourire qui agrippait difficilement ses lèvres, elle nous informait qu’elle allait retravailler pour retracer la policière fantôme.  Quelques semaines plus tard, une autre séance de conciliation était programmée. La policière fantôme refait surface. Elle était en face de nous. Voilà une autre rencontre non souhaitée, similaire qui s’ajoute dans la vie de Vanessa C. : discussion, échanges, propositions, rejets, des pleurs, une blessure qui saigne de nouveau et la seconde plainte est rejetée également comme des centaines d’autres avant et après Vanessa C.


[1] https://pivot.quebec/2023/03/17/un-projet-de-loi-pour-la-police-aux-depens-de-leurs-victimes/

[2] Le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité.

Depuis quand le Québec éduque les immigrés?

Par Hadj Zitouni

Le 25 mars 2023

« On aura tendance à se tourner vers l’immigration. Mais Il faut loger ces immigrants. Les franciser. Les intégrer. Les éduquer ».  C’est un passage d’un article publié dans le journal de Montréal le 23 mars 2023 intitulé, Le modèle québécois va finir par craquer.

L’auteur avait amputé la chaîne de son wagon locomotive lançait un peu à la hâte en laissant derrière lui d’autres wagons d’une valeur inestimable. Je prends soin, dans cet article, de les rattacher à son train.  Voici ces wagons manquants avec leurs marchandises, indemnes : On aura tendance à se tourner vers l’immigration. Mais il faut les exploiter ces immigrants. Les vider. Les déraciner. Les condamnés, eux et leur postérité à demeurer Étranger à jamais. Ce n’est pas surprenant d’entendre d’un journaliste « plouc » une bourde de cette taille. D’ailleurs, notre « plouc » achève son article avec une note encore plus surprenante, cette fois allant jusqu’à proposer au gouvernement de François Legault de couper les dépenses concernant l’hébergement, l’intégration, la francisation, l’éducation de ces pauvres (yanomamis) qui débarquent vagues après vagues au Québec et qui sont devenus selon notre « plouc », un vrai fardeau pour l’économie québécoise. Wow! Quel abrutissement!

Dès le seuil de son article, notre « Plouc » n’était aucunement gêné de déclarer, « Je ne suis pas un expert en économie » et puis, il reprend cet aveu au moment de vouloir quitter son écrit. « Comme je l’ai dit, je ne suis pas un expert en économie ». Sauf qu’à peine fini cette phrase, le « plouc » glisse dans l’habit d’un expert qui chapote les experts en économie. Il a du culot notre « Plouc » d’aller même conseiller le premier ministre du Québec à couper dans des dépenses comme celles, par exemple, d’éduquer les immigrants. Le mot éduquer est révoltant et depuis quand le Québec éduque les immigrants? Haut de son gradin, le « plouc » avait déjà oublié l’histoire de ces ancêtres colons.

Prenons un peu de recul. Le Québec est fondé indiscutablement sur des vagues d’immigrations depuis le début du XVIIe siècle. Ces vagues se poursuivent de nos jours. Il faut bien admettre que c’est grâce à ces vagues d’immigrations que le Québec continue d’exister. Force est de constater que ces vagues se poursuivent de nos jours, successives, ininterrompues. Par contre à l’inverse du XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles, Immigration Canada a soumis les gens, qui cherchent à immigrer sur ses terres, à des critères éliminatoires d’une grille de sélection rigoureuse. Acceptations faites sur mesures pour répondre à des besoins ciblés à court et longue terme.

L’équipage de l’empire PP, Richard, Mathieu, Sophie, Antoine, Normand, Sylvain, Denise… et j’en passe, sont les progénitures de ces vagues qui se sont succédées dans un temps lointain. Est-ce que les premières vagues de populations qui ont peuplé le Québec au XVIIe et XVIIIe siècles étaient à ce niveau de sélection, sinon étaient-elles réellement bien éduquées?

Incontestablement, la grille de sélection qui est imposée par Immigration Canada depuis le début du XXe siècle atteste que le niveau d’instruction et d’éducation des personnes qui immigrent au Canada est plus élevé que les vagues précédentes d’immigration.

Donc, le modèle québécois ne va pas craquer par les dépenses faites à réintégrer des candidats hautement qualifiés aspirant à devenir les futurs québécois, mais plutôt par le discours de ces « ploucs » qui se pensent meilleurs que les autres, alors que le Québec appartient à tous celles et ceux qui veulent être québécois.

La déontologie policière : l’émotion vibrante d’une femme aux commandes.

Par Hadj Zitouni, Porte-Parole

Le 17 janvier 2023

Me Mélanie Hillinger, Commissaire à la déontologie policière.

La déontologie policière est mise sur pied afin de surveiller et sanctionner les excès et les comportements dérogatoires des agents des forces de l’ordre. Elle favorise à plus de 90% les séances de conciliations, chemin quasi obligatoire pour les plaignants qui, au bout du chemin ne gagnent rien, sinon, raviver une plaie encore béante. Par contre, les policiers qui s’exposent à cet exercice font face à leurs victimes afin de constater l’ampleur de leurs inconduites. Jusque-là, nous sommes en mode prévention, alors qu’en réalité ces arrangements sont une continuité de formation sur mesure a un prix beaucoup moins couteux. Les victimes de l’abus policier deviennent des cobayes par excellence dans ces laboratoires de redressement. Cependant, ce déroulement aussi profitable soit-il pour le gouvernement, est incontestablement dévastateur pour les citoyens, puisque ces derniers pourraient se sentir trahit deux fois plutôt qu’une !

Me Mélanie Hillinger est nommée Commissaire à la déontologie policière le 27 avril 2022. Une promotion faite sans trop de bruit et tout à fait imprévue au départ. A-t-elle bénéficiait d’un coup de pouce pour obtenir ce poste ? De l’avoir rencontré personnellement, j’en doute fortement. Sa nomination a déstabilisé un rang habituellement destiné aux hommes. C’est la première fois en 33 ans de son histoire, que le Québec vient de désigner une femme a la tête d’un organisme qui veillera, pour les 5 prochaines années, au respect du Code de déontologie des policiers du Québec. Les médias non plus, n’y sont pas allé en fanfare pour souligner l’événement et le recours devant cette instance administrative qui demeure encore méconnue pour une grande partie de la population n’a pas aidé non plus. Pourtant, il est question de la paix sociale !

L’abus des agents des forces de l’ordre est devenu un vrai casse tête pour tout le monde. La confiance, cette composante vitale pour la relation pouvoir-citoyens est ébranlée à un point ou des victimes refusent carrément de faire appel aux services de la police de crainte que leurs demandes tourneraient au cauchemar voire même aux représailles. Malgré ce constat déplorable, les sondages et les rapports annuels du Commissaire à la déontologie policière indiquent clairement que la hausse des plaintes contre les policiers ne cesse d’augmenter d’une année à l’autre. Les chiffres sont troublants, voire préoccupants. Tandis que l’impunité policière gagne du terrain malgré l’alarme retentissante d’un réveille citoyen qui incite le gouvernement à agir rapidement. Malheureusement, un esprit archaïque s’agrippe en permanence aux assises du pouvoir et continue de faire croire que, défendre les policiers même s’ils transgressent les codes, les règles et les lois, assure la sécurité de l’état. Sachant également qu’ils représentent les « chiens de garde » et qu’il faut veiller à les abriter de tous soupçons, coûte que coûte, à tort ou à raison !  

En nous invitant le 10 janvier 2023, la nouvelle Commissaire a la déontologie policière, Me Mélanie Hillinger est partie sur les pas de son prédécesseur, Me Marc-André Dowd qui venait, à son tour, d’être nommé protecteur du citoyen. Elle aussi est allait à la rencontre des organismes en défense des droits. D’un mouvement désinvolte, elle glisse sur le terrain, cherchant à briser la glace qui pourrait lui embrumer la vue vers ou elle s’est engagée. Nous n’avons pas osé décliner l’invitation, en signe d’ouverture de part et d’autre. Elle est venue, Me Hillinger, nous accueillir à notre arrivée dans ses bureaux. Elle simulait le confort dans ses nouveaux souliers. Elle se filait d’un endroit a l’autre pour nous conduire à une salle de conférence. Un homme l’a suivi avec un calepin en main, l’air un peu gêné. Elle a tenu à garder son sourire, Me Hillinger, le plus longtemps possible, même s’il semblait légèrement forcé, puis ce sourire s’éteignait brusquement à la vitesse de l’éclair quand nous lui avons demandé comment elle a pu accepter un tel poste où la quête de justice entre force de l’ordre et citoyens est disproportionné et qu’avec toute la bonne volonté qu’elle puisse avoir, elle se dirige vers un mur de béton ?

Notons que Me Hillinger n’est pas le genre de personne qui marque une pose avant de répondre. Aucun tic nerveux ne paraissait sur son visage, sinon ses yeux étaient figés dans un regard intense pour un petit moment puis comme libérée d’une contrainte, elle s’est déclenchée en moulin à paroles tournant à fond. La nouvelle commissaire à la déontologie policière est une vraie communicatrice même s’il lui arrivait de ne pas répondre à la question en l’esquivant subtilement à la recherche d’une issue pour mieux répondre. En survolant sa carrière, Madame la Commissaire s’est attardée sur son expérience en relation de travail, en négociation de convention collective et de sa pratique dans les médiations et les conciliations. Puis elle nous a parlé de son désir de vouloir assurer la paix sociale. Elle avait hâte, madame la Commissaire, de contribuer dans le domaine de la paix sociale au Québec.

En reprenant la parole pour lui laisser le temps de rassembler ses idées et de se concentrer, nous lui avons exposé la détresse des victimes de la brutalité policière et comment ces personnes soufraient de traumatismes en gardant des séquelles parfois permanentes. Nous lui avons apporté des exemples à crever le cœur. La force excessive des corps policiers n’est pas seulement non justifié, mais souvent ignoble. Alors qu’on essayait de lui transmettre quelques images de ces victimes, nous avons été surpris de constater que madame la Commissaire était au bord des larmes. Oui, les yeux brouillés de larmes pour quelques fractions de secondes, c’était bien la Commissaire à la déontologie policière en personne et pas quelqu’un d’autre. Puis, elle s’est affichée en statut de bronze pour dévier cet instant hautement saisissant. Elle n’a pas sauté dans le vide, madame la Commissaire, mais plutôt dans la quête de sa contribution à la paix sociale. Elle nous a assuré qu’elle va tout faire pour renforcer le dialogue et l’échange tout en portant une attention particulière pour ce qui est juste et ce qui ne l’est pas et ce, avec beaucoup d’humilité.

En quittant les bureaux de la déontologie policière, le portrait de cette dame de fer qui, espérons-le, ne sera point intoxiquée par les résidus du pouvoir, nous a accompagné en douceur le temps de mettre quelques ports d’attaches dans notre esprit en souvenir d’une femme fonctionnaire de haut niveau. 

Ferme ton tabernacle et dégage hostie d’immigré.

Le karma est puissance carrée : Mathieu Bock-Côté récolte ce qu’il a semé. 

Par Hadj Zitouni, MAJ

Vendredi, le 28 octobre 2022 

Décidément, le vœu de milliers de téléspectateurs Français qui ont eu ras le bol de Mathieu Bock-Côté et qui ne veulent plus l’entendre parler dans leurs téléviseurs, s’est amplifié ces derniers temps, de plus en plus fort. D’ailleurs, un animateur d’une émission diffusée en France sur les ondes de TMC, Yann Barthès[1] a fini par exhiber ce désir au plus haut en espérant que l’appel soit entendu.

Un écœurement pestilentiel qui ne vient nullement d’une divergence politique de droite ou de gauche, mais plutôt visant l’incompétence intellectuelle toxique chez ce personnage que la grande majorité des téléspectateurs français n’arrivent tout simplement plus à endurer. Honnêtement, il fait pitié ce Mathieu Bock-Côté sur les écrans de la télévision française. 

Au Québec ce personnage passe pour un sociologue, essayiste, chroniqueur, voire tête pesante et tout ce que vous voulez, sauf qu’en dehors de cet enclos, Mathieu Bock-Côté s’est buté, comme d’autres avant lui, sur des mesures draconiennes de sélections. Au départ, les épreuves ont fait de lui un intrus peu bavard et par la suite, malgré l’armature québécoise qui le tient debout à distance est devenu loquace et pour finir indésirable dans tout l’Hexagone ou presque.

Noter que les aventures de ce bonhomme de neige ne se déroulaient pas à Chicoutimi ou en Gaspésie, mais plutôt au pays de Voltaire où la marche d’entrer dans le cercle des intellectuels est trop élevée. Or, notre chum de Chicoutimi manque remarquablement d’étoffe pour accéder. Voilà pourquoi en aucun cas, Mathieu Bock-Côté n’a été accueilli à bras ouverts dans la sphère intellectuelle française, sauf chez une partie de l’extrême droite radicale et encore à quel prix?

Éric Zemmour, candidat à la présidentielle française en 2022 et fer de lance du mouvement radical de l’extrême droite était beaucoup plus confortable sur les plateaux télévisés quand Mathieu Bock-Côté se trouvait en face de lui. Attention! Ce n’est guère pour une valeur intellectuel ajoutée au débat, mais un appât en guise d’amener le concurrent sur des segments chers à ses théories.

Constamment sur sa défensive et très peu à l’écoute, Mathieu Bock-Côté est une vraie minoterie de paroles quand il se déclenche. Vocable mal broyé, souvent récupéré pour colmater des impasses imprévues. Il roule, Mathieu Bock-Côté, sur les mêmes idées cités et récités en pompe et si par maladresse il fut interrompu au moment de ses interventions, les mots se déstabilisent chez lui et à la sueur de son front, la parole devient inaudible à l’image d’un moulin en difficulté de fonctionnement. Ainsi notre chum, Mathieu Bock-Côté, s’enfonce dans le ridicule. Et très vite, il se métamorphose en bouffon d’émission. 

L’ascension fulgurante d’Éric Zemmour a fini par une chute brutale sans trop de bruit. Nous avons tous suivi cette descente vertigineuse des « adeptes du grand remplacement » et ses éclats qui remplissaient une quête presque insignifiante, sinon une dérive idéologique sur un pavé pratiquement dangereux qui ne peut amener qu’aux affrontements, voire la division, la violence et la haine. 

Éric Zemmour est un journaliste, écrivain, essayiste, éditorialiste, chroniqueur, polémiste, sauf d’être à mon avis un vrai politicien. Cependant, ici, il n’y a rien à comparer avec le chum de Chicoutimi qui porte sur les plateaux télévisés son complexe identitaire à deux mains. Il aurait pu être un peu meilleur, Mathieu Bock-Côté, s’il avait adopté une réflexion moins prétentieuse, humainement défendable et intellectuellement enrichissante au pôle de la diversité humaine.

Sans ouvrir la trappe de son obsession à l’égard de la question identitaire, le discours de Mathieu Bock-Côté appelle à la discrimination, à la stigmatisation et à la violence qui peut naitre chez les citoyens qui ne partagent pas son idéologie meurtrière. Il illustre chez ses cousins français l’exemple de l’immigré qui est venu se recycler en vue de retourner sur ses pas pour semer la division. 

En fonçant publiquement, mal adroitement son nez dans le chaudron de ses hôtes, Mathieu Bock-Côté avait enfreint les règles de l’hospitalité. D’emblée, il était repoussé, rejeté en hostie d’immigré. Au Québec, selon la théorie diachronique de l’immigration: tous les habitants du Québec, à l’exception des communautés autochtones, sont des immigrés ou descendants d’immigrés, sinon le dernier migrant arrivé sur le sol québécois est un Québécois à part entière. Donc, Mathieu Bock-Côté qu’il le veuille ou non, réside au Québec comme n’importe quel autre immigré. Il faut peut-être que sa pensée évolue un peu vers le principe de l’égalité naturelle s’il ne souhaite plus faire partie du statut « des hosties d’immigrés ».

Note : 

Pour les médias qui refusent constamment de nous publier, je vous rappelle simplement une citation attribuée à Voltaire et qui porte le sens de l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme qui protège la liberté d’expression :

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ». La citation, nous savons très bien que vous la connaissez, mais arrivant au stade de vous la rappeler, c’est une autre chose.

Il reste que la censure est, malheureusement, un autre drame au Québec. 

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=video&cd=&ved=2ahUKEwio-cnj2or7AhUmmIkEHe_gDS4QtwJ6BAgLEAI&url=https%3A%2F%2Fwww.tf1.fr%2Ftmc%2Fquotidien-avec-yann-barthes%2Fvideos%2Fradio-canada-vous-voulez-vraiment-pas-recuperer-mathieu-bock-cote-46953494.html&usg=AOvVaw2uwZhy32_6u3iGc9SEymL9


Lettre ouverte à madame Christine Morin, professeure de droit à l’université de Laval et titulaire de la chaire de recherche Antoine-Turmel sur la protection des aînés au Québec. 

Le 10 Octobre 2022 – MAJ

Madame Morin est, entre autres, auteure d’une œuvre colossale intitulée, Droit des aînés. 

Madame la professeure, 

Nous sommes un organisme à but non lucratif. Nous œuvrons en défense des droits. Cela s’est déclenché par une injustice faite à une personne et depuis deux décennies, si ce n’est pas plus. Cette lutte, qui s’est conjuguée au pluriel, n’a jamais cessé. Nous rejetons les injustices sous toutes leurs formes. Nous les dénonçons à haute voix. Incontestablement, elle demeure unie cette voix persistante contre l’abus de l’autorité au Québec. 

Madame la professeure, à travers les plaintes que nous traitons au quotidien, il y a celles qui nous inquiètent, d’autres nous choquent, alors que certaines peuvent être traumatisantes. Mais nous essayons de garder la tête froide afin de continuer à servir une clientèle qui, malheureusement, cède l’espace et renonce à toute action préférant ainsi s’éteindre en signe de résignation. 

Pourquoi nous vous interpellons vous personnellement, madame la professeure et pas d’autres ?

Nous avons en face de nous une personne âgée qui pleure des larmes d’impuissance, de douleurs déchirantes à la suite d’un abus de pouvoir qui l’a mis à terre.  Elle cherche à repousser dans son désespoir le mal de l’injustice qui l’habite depuis son agression. Elle veut comprendre pourquoi notre société n’entend pas sa voix, alors qu’elle implore le monde autour d’elle d’agir. 

Nous vous interpellons, madame la professeure, parce que vous aussi, semble-t-il, vous n’avez pas entendu le crie de cette victime de Sainte-Agathe-des-Monts, son appel au secours et à sa demande à l’aide. Nous vous rappelons qu’elles sont nombreuses ces victimes au Québec. D’ailleurs, vos œuvres juridiques témoignent assez bien de leurs désarrois. Sauf que vos écrits demeurent imputés de cette réalité qui nous enchaine fortement à avouer que beaucoup de nos aînés sont maltraités, non respectés, violentés, abusés… et attention madame la professeure, c’est l’abus de l’autorité qui est remis en question ici. Il faut avoir le courage de le dire. Vous faites des aînés votre cheval de bataille, madame la professeure. Vous galopez à l’international en défense de ces personnes de l’âge d’or, mais vous semblez vous écarter sur d’autres réalités qui empoisonnent la vie des aînés au Québec. Il est où le courage de la cavalière, madame la professeure ? Sachez que si vous publiez des articles ciblés ou vous vous introduisez, vous même à l’assemblée nationale pour débattre la question des aînés, le monde va vous entendre. Mais vous devrez également inclure la voix de ces victimes qui dénoncent l’abus de l’autorité. L’état fait malheureusement partie de ce glissement de moralité. Il faut l’affronter dans le but de mieux protéger et apaiser les soucis de nos aînés.

C’est ainsi que nous vous transférons le cri de détresse de l’une de ces victimes. Il reste à vous, madame la professeure, de le prendre ou non. Mais pour le moins, notre Mouvement vient, encore une fois, à libérer sa conscience sereinement. 

Avant de céder la parole à la plaignante, madame Micheline Jacques, nous attestons la sincérité de cette déclaration que nous venons de faire et ce, à travers les nombreuses heures passées en compagnie de cette dame et nous invitons madame la professeure d’incliner de temps en temps sa plume et sa réflexion en faveur d’une dénonciation comme celle-ci. 

Formellement, la plainte de Mme Micheline Jacques est tout à fait recevable, sinon en quoi le droit peut-il nous servir ?

Nos ainés ont besoin de sommités comme vous, qui ne perdent pas de vue dans leurs travaux, l’abus de pouvoir dans un contexte de grande vulnérabilité.

Voilà et nous vous laisserons lire la plainte de cette humble citoyenne. Elle déplore le traitement et le manque de respect envers les aînés au Québec. Nous vous informons également que madame Micheline Jacques avait envoyé sa plainte à la déontologie policière et ceci sans connaître, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, que cette institution n’est qu’un gaspillage des fonds public. Nous devrons comprendre que la déontologie policière au Québec utilise les victimes de l’abus policiers afin de contribuer à la formation des policiers au Québec et non pas à rendre justice à qui que ce soit. Dans ce dessin, on se moque de la victime et on l’abuse une seconde fois.

En définitive, la déontologie policière est un laboratoire inhumain où des séances de conciliations forcées à la longueur de l’année sont proposées aux victimes à contre gré. La confrontation entre policiers fautifs et leurs victimes fait partie d’un stratège complémentaire sur mesure à prix avantageux pour l’état. Alors que les victimes de l’abus policier demeurent les cobayes, par excellence, de laboratoire de la déontologie policière. L’impunité policière au Québec gagne démesurément du terrain en silence des cimetières.     

Madame Micheline Jacques est entrée en contact avec le Mouvement Action Justice en Septembre 2022, afin de nous demander de l’aide. 

L’équipe de Mouvement Action Justice.

Texte de la plaignante, Mme Micheline Jacques :

Sainte-Agathe-des-Monts le 6 octobre 2021

Commissaire à la déontologie policière

A200-2525 boulevard Laurier

2e étage

Québec QC G1Y 4Z6

Sujet :                Plainte relative à  :          De l’abus de pouvoir de la part d’un policier.

                                               Un manque de respect de la part d’un policier

                                               De la maltraitance psychologique envers une ainée. 

Madame,

Monsieur,

Mon nom est Micheline Jacques, je suis âgée de 73 ans. Depuis mai 2005, je prends soin de ma sœur et de mon frère ayant un retard intellectuel de naissance. Je me suis occupée de ma mère durant plusieurs années, je l’ai accueillie chez moi et maintenant je m’occupe d’elle alors qu’elle est en soins de longue durée au Pavillon Philippe Lapointe depuis 2019.  Je reçois de l’aide du CLSC de Sainte-Agathe-des-Monts et les intervenantes qui y travaillent me considèrent comme une aidante naturelle.

Le mercredi 12 mai 2021, comme tous les mercredis, je suis allée reconduire ma sœur Pauline et mon frère Denis au Pavillon Philippe Lapointe pour un « répit » et afin qu’ils participent à des activités de 12 h 25 à 15 h 30. Je suis ensuite retournée les chercher.

Entre-temps j’ai reçu un appel m’avisant que des paiements de plus de 10 000 $ étaient dus par ma mère, pour sa chambre. Vous comprendrez mon désarroi, ma peine et mon impuissance, me sentant démunie face à cette situation. Lorsque je suis retournée chercher mon frère et ma sœur, j’ai ressenti le besoin d’en parler avec quelqu’un et j’ai donc parlé de la situation avec XXXXXXXX, préposée. Je ne cessais de pleurer, j’étais sous le choc. Madame XXXXX m’a dit : « Tu ne peux pas rester comme ça », ce à quoi j’ai répondu : « Je travaille ce soir, je vais aller me reposer à la maison avant d’aller travailler ». 

Croyez-vous que ce soit assez clair? Je me suis exprimée en français pourtant.

Je me suis donc rendue à la maison, j’ai fermé la sonnerie du téléphone et je suis allée me reposer. Quelque temps après j’ai entendu qu’on cognait à ma porte avec véhémence, comme pour la défoncer. J’avais le cœur qui débattait, je n’avais aucune idée de ce qui se passait. J’ai alors crié d’arrêter. J’ai ouvert la porte et j’ai vu deux policiers. C’est à ce moment qu’un des policiers a mis son pied dans le cadrage de la porte, j’avais peur et je lui ai demandé d’enlever son pied. Ce policier avait une posture menaçante, son pied droit dans la cadre de porte, sa main droite également sur ma porte et sa main gauche à la hauteur de sa hanche, soit sur son arme ou sur un « taser », je ne sais pas, mais j’avais vraiment peur. Je vous le rappelle j’ai 73 ans !

Tout ceci s’est passé rapidement et c’est à ce moment qu’il s’est adressé à moi comme à un être inférieur à lui, non comme à un être humain, une personne âgée de surcroit. Est‑ce parce qu’il portait l’uniforme de la SQ? Je me sentais agressée, non respectée. Il a manqué de savoir-vivre, de respect et d’empathie à mon égard. Il ne cessait de me poser des questions sur un ton arrogant et menaçant, mais je ne comprenais toujours pas pourquoi ils étaient là. Durant ce temps, il gardait sa position d’attaque. Il a ajouté que si je ne répondais pas il m’emmènerait de force à l’hôpital. J’étais abasourdie, imaginez ma peur et mon incompréhension. Pourquoi agissait-il ainsi à mon égard? Je suis une personne qui a aidé son prochain toute sa vie. Je m’occupe de ma mère, de ma sœur, de mon frère qui ont tous vécu chez moi. J’ai 73 ans et je continue de travailler pour pouvoir subvenir à nos besoins! Je n’ai pas beaucoup d’aide extérieure, mais j’ai toujours continué par amour pour eux. Pourquoi une telle violence verbale à mon égard? 

J’ai su par la suite que la SQ avait reçu un avis du Pavillon Philippe Lapointe disant que je n’allais pas bien… mais il ne m’en a JAMAIS parlé! C’est un manque total de délicatesse! Il devait bien se rendre compte que je ne comprenais pas ce qui se passait? Ne suive-t-il pas une formation en ce sens?

C’est à ce moment que j’ai perdu patiente sur la façon dont il me traitait. Comment un policier pouvait-il entrer chez moi de force sans m’en expliquer les raisons? Je lui ai alors demandé de passer par la porte qui se trouve sur le côté, rue Hôtel-de-Ville. Son coéquipier s’est alors dirigé vers cette porte pendant que lui attendait, toujours en position menaçante. Pensait-il que je n’ouvrirais plus la porte un coup celle-ci fermée? Que cherchait-il à faire? Que voulait-il? Son collègue, plus jeune, mais avisé, a très bien compris qu’il ne fallait pas me provoquer ou me parler en haussant le ton. Prenait-il plaisir à m’humilier et à me discréditer, alors qu’il y avait des voisins autour? Son comportement est tout à fait INADMISSIBLE. Se croit-il supérieur à cause de son uniforme. Les dernières années nous avons entendu des histoires d’horreur de policier agressif. Des histoires d’horreurs aussi concernant les personnes âgées. Il est temps de faire quelque chose pour que ça cesse.

J’aimerais savoir ce qui a été dit à mon égard pour qu’on agisse avec toute cette agressivité. Je comprends qu’il y a des protocoles à respecter, mais je ne crois pas que l’agressivité en fasse partie. Encore une fois, je suis une personne âgée… pas une personne armée! Le jugement, monsieur, le jugement, savoir utiliser son jugement, pas son uniforme ou son badge!

Je me demande si les policiers de la SQ qui œuvrent à Sainte-Agathe-des-Monts ont des caméras attachées à leurs uniformes? Si c’est le cas, vous pourriez demander à visionner la bande de l’intervention et vous comprendriez pourquoi depuis ce temps je ne dors plus. J’ai constamment peur. Je me réveille en sueur et je n’arrive plus à dormir. J’ai dû consulter un médecin à ce sujet. Je ne fais que pleurer parce que je n’arrête pas de penser à cette intervention et je panique. Je le répète, j’ai 73 ans. Cette façon de me traiter est de la maltraitance et de la violence psychologique, ni plus ni moins. Croyait-il me mettre en confiance? Maintenant, je ne ferai plus jamais confiance à la police, quelle qu’elle soit et je ne me sentirai plus en sécurité. Le policier Delage ne s’est pas soucié des conséquences que cela pourrait avoir sur moi.

Le policier concerné est le matricule 13516 au nom de Delage.

À noter :

Je ne suis pas une meurtrière.

Je ne suis pas une voleuse.

Je n’ai pas de casier judiciaire.

Je ne suis pas une personne qui abuse, mais plutôt une personne qui aime assez pour tendre la main afin d’aider son prochain

J’ai enseigné le respect d’autrui à mes enfants.

Il me semble qu’un policier devrait recevoir le même enseignement.

Je ne crois pas qu’il connaisse le mot RESPECT de toute façon.

Honte à lui de porter l’uniforme de la SQ.

Je demande réparation et justice. Il ne faut pas que ce genre d’intervention auprès de personnes âgées sans défense et vulnérables continue!

C’est INNACEPTABLE.

Cette intervention a été abusive et non méritée.

Espérant que ce dossier ne se retrouvera pas sur une tablette comme tant d’autres.

Espérant recevoir de vos nouvelles dans les plus brefs délais. Sinon je me verrai dans l’obligation de contacter les médias.

Bien à vous,

Micheline Jacques

XXXXXX

XXXXXX

XXXXXX

c. c. : 

Secrétariat aux ainés

Ministère de la Famille et des Ainés

1075 chemin Sainte-Foy

2e étage

Québec QC  G1S 2M1

Appel aux résidents de Saint-Agathe-des-Monts : Si vous avez était victime ou témoin d’abus et de brutalité policière, n’hésitez pas à communiquer avec Le Mouvement Action Justice.

Salle de conférence Henri Barnabé

Lors de son assemblée générale annuelle tenue le 18 juin 2022, le Mouvement Action Justice a nommé officiellement sa salle de conférence au nom de monsieur Henri Barnabé, un militant qui a brulé la mèche de sa vie pour venir en aide aux autres. La quête de la justice a toujours été sa pierre angulaire, elle lui tenait à cœur. Monsieur Henri Barnabé a vécu remarquablement en monument de bienveillance et d’indulgence. Il nous a quitté dans l’ombre, un peu trop vite d’ailleurs, comme il a toujours vécu. Il est parti avec ce goût amer de celui qui est profondément déçu de notre système de justice qui, malgré une apparence de cliché, il ne cesse de reculer et faire de plus en plus de victimes dans notre société.

En quoi, la manifestation contre la brutalité policière est primordiale?  

Photo : Mouvement Action Justice

Étrange! Le 15 mars de chaque année, journée internationale contre la brutalité policière, ma boussole magnétique tourne étrangement vers cette manifestation. Elle se positionne, s’aligne et pointe en direction unique, rendez-vous ultime pour dénoncer l’excès de la force policière. Je vieillis en avançant dans le temps et l’aiguille de ma boussole résiste, tient tête en avant. Elle reste fidèle à son axe. Rien ne lui fait changer de cible ou modifier sa trajectoire, même pas le poids des années qui cumulent. De mes mains, je laisse tout tomber en chute libre. J’annule mes rancards et je me précipite vers cette marche, d’abord en signe de solidarité avec les victimes de la brutalité policière puis, enseigne d’une voix collective dénonçant l’égard de la conduite policière envers les citoyens.

Ils étaient environs trois mille les manifestants contre la brutalité policière en 2016 à descendre dans les rues de Montréal, ils sont rendus une centaine ou presque en ce 15 mars 2022. Que s’est-il passé pour que le nombre de manifestants chute à ce point, considérablement? 

Pourtant, la brutalité policière est un fait réel que personne ne remet ou remettra en cause. À cet effet, la manifestation annuelle contre la brutalité policière est justifiée. Elle est motivée, fondée, voire recommandée à tous les citoyens soucieux de l’ordre et de la paix sociale. Je l’avais porté cette affiche en connaissance de cause : Nul n’est à l’abri de la brutalité policière. Delà, il me semble que les citoyens de la société civile sont tous concernés. 

Le recul des participants me donne froid dans le dos. Devant la bouche du métro Lionel Groulx, je tenais ma pancarte face à une armée de policiers qui encercle le périmètre de la manifestation. Les jeunes militants qui répondaient à l’appel arrivent par gouttes d’eau. Ils étaient, pour la plupart, habillés en noir et les visages masqués de crainte d’être répertoriés. Les policiers en civiles se promenaient en photographes, en caméramans, ils distribuaient des sourires à l’occasion. Les militants demeurent prudents, craintifs. Aussitôt arrivés, ils distribuaient les coordonnées des avocats en cas d’arrestations. Le sentiment d’être arrêté et conduit aux centres de détentions se dessine dans les regards perturbés de ces jeunes. Ils ont tous moins de vingt-cinq ans. Ils se regroupent en petits cercles. Ils jasent entre eux. L’odeur de la marijuana parfume l’endroit. La crainte est palpable dans l’atmosphère. Le discours de l’envoi est pataud, mais la foule est déterminée de prendre la rue, de marcher dans le froid et cette fois l’emblème scandé est : la police, c’est colon en criss. Elle cherche à réveiller la conscience de nos concitoyens. Alors, en l’absence de cette voix, de cette marche, de la bravoure de ces jeunes militants, la brutalité policière continuera à faire des victimes chaque jour, chaque heure, chaque minute. 

Les médias sont nombreux sur les lieux, sans être véritablement utile. Enfin, cette année, il n’y avait qu’une seule ou deux couvertures médiatiques qui ont réservé quelques mots à cet évènement. Le reste venait pour guetter un dérapage de taille. Ils cherchaient un monument capital pour l’image, le son et les écrans télévisés.  Tout ce qui se diffuse, se consomme en grand nombre. La mort d’un jeune manifestant par exemple, le feu détruisant un bâtiment ou voir un policier transporté sur une civière… La voix et le but de la manifestation sont secondaires. Elles n’ont pas d’importance réelle. D’ailleurs on ne parle plus de la manifestation contre la brutalité policière. Cette année, on rapporte deux vitres parties en éclats par les jets de pierres soi-disant par les manifestants puis, l’ordre de la hiérarchie policière mettait fin à la manifestation. 

Est-ce que nous devrons nous plier à cette volonté malsaine du pouvoir qui œuvre depuis des années à faire disparaitre la marche contre la brutalité policière au Québec? Sur ce, je vous laisse méditer à trouver votre propre réponse de citoyen.  

Finalement, par ce biais et au nom du Mouvement Action Justice, je salue le réveille de ces jeunes militants qui résistent fortement à l’intimidation policière. Ils tentent de déjouer tous les plans du corps policier qui arrivent malheureusement, année après année, à diminuer le nombre de participants. 

Espérant que les jeunes québécoises et québécois réalisent l’importance de cette journée annuelle contre la brutalité policière et participeront en grand nombre en donnant un nouveau souffle à la hauteur des attentes de toutes les victimes.   

Hadj Zitouni